Samedi 31 mai 2008
UNIFORMOLOGIE
 En 1803, le "Bataillon des Matelots de la Garde Consulaire" est créé. Un an plus tard, il devient le "Bataillon des Marins de la Garde Impériale".
 
En petite tenue, le marin porte un pantalon et une vareuse à 2 rangs de boutons bleus. Notez que le pantalon se porte par-dessus les guêtres. Chaque marin est armé du fusil avec baïonnette et d'un sabre dont le ceinturon se porte en baudrier. Une plaque  frappée d'une ancre de marine est fixée sur le baudrier.
Le shako est celui de l'infanterie avec une cocarde tricolore fixée au centre (alors qu'au départ elle était fixée sur le côté) et surmontée d'un pompon orange. Il est aussi orné d'un cordon de la même couleur.  La giberne porte une aigle impériale.








En grande tenue, le shako est surmonté d'un plumet rouge. La vareuse devient un dolman orné de brandebourgs oranges. Le col et la partie inférieure du dolman sont passepoilés d'orange. Les parements des manches sont rouges passepoilés d'orange. Le pantalon est agrémenté de noeuds hongrois. L'illustration ci-contre est un mélange de la petite et de la grande tenues...









Les officiers portent le bicorne en colonne. Le trompette se distingue de la troupe par la couleur bleu ciel de son uniforme.

photo prise sur le site du "Cimier"

LES MARINS EN ESPAGNE

Le passage de marins de la Garde en Espagne sera à jamais associé à la bataille de Baïlen. Le mois de juin 1808 va voir le déroulement d'une bataille qui montrera à l'Europe entière que les troupes impériales ne sont pas invincibles. Cela encouragera le peuple espagnol à se lancer dans une guerre sans relache contre l'envahisseur français. Plutôt que de me lancer dans un résumé de cette bataille, je préfère laisser la parole à un témoin de cet événement :  le Docteur Treille, qui était attaché à l'ambulance de la 1ère division.

Général Pierre Dupont de L'Etang, 1765 - 1840 "Le 17 juin 1808, la division Dupont, forte d'environ neuf mille hommes de toutes armes, partit d'Andujar. Le 18, vers trois heures du matin, la tête de la colonne, arrivée à peu près à une lieue de Baylen, rencontra l'ennemi. Il nous fallut manœuvrer et combattre dans un cercle d'une lieue et demie de diamètre, les hauteurs étant partout couronnées de bataillons de volontaires espagnols qui, ce jour-là, montrèrent de la résolution ;

Notre petite armée avait plus de bagages qu'une armée de 150,000 hommes. De simples capitaines et des civils assimilés à ce grade avaient des carrosses à quatre mules. On comptait au moins cinquante chariots par bataillon ; c'étaient les dépouilles de la ville de Cordova. Nos mouvements en étaient gênés. Nous dûmes notre perte à la cupidité des chefs.

A onze heures du matin, on capitula : il fut réglé que la division entière serait dirigée sur Cadix et y serait embarquée pour rentrer en France.

L'ambulance française avait été établie à la ferme de Rombar : on peut dire que c'était sur le champ de bataille même, les lignes ennemies n'étant pas à une portée de canon. On arrêta qu'un chirurgien major, un aide major, dix sous-aides et un pharmacien resteraient pour soigner les blessés et que leurs noms seraient tirés au sort.

Cela se passait au quartier général. J'étais pour le moment occupée à l'ambulance. On tira pour moi. Ce fut un des douze billets noirs.

Six semaines auparavant, en pleine paix, Mançanarez et à la Caroline, le peuple s'était porté sur des hôpitaux pleins de blessés français et y avait lâchement tout égorgé : malades, chirurgiens et infirmiers. Ce souvenir était présent aux blessés et aux chirurgiens de Baylen.

Lorsque, instruit de la capitulation et de l'article qui nous concernait, j'arrivai au quartier général, je trouvai ceux de mes camarades, désignés par le sort, dans une triste disposition d'esprit et se lamentant : " On nous sacrifie, nous sommes perdus. "

Je pris congé de quelques amis ; je reçus mon ordre signé du chirurgien en chef et je repartis pour l'ambulance. J'avoue que j'avais le cœur oppressé, je me rendais à une mort presque certaine, et quelle mort ! Tout ceux des blessés qui purent se traîner, eurent hâte de quitter l'ambulance ; les autres furent établis dans la cour de la ferme. Un poste espagnol occupa le très petit bâtiment.

Assis en dehors, l'œil fixé sur le chemin, j'attendis les collègues qui devaient venir partager avec moi la périlleuse tâche. Personne ne se présenta. La division avait commencé à se mettre en route ; le chirurgien en chef passe à cheval ; je lui expose que je suis seul à mon poste et que, malgré mon bon vouloir, il me sera impossible, à moi seul, d'être utile à ce grand nombre de blessés. J'ai à peine du linge dans les caissons, les médicaments sont épuisés ; j'assisterai, sans les armes de ma profession, à l'agonie de ces malheureux. Moi, plein de vie, je suis lié à des demi-cadavres sans aucun moyen de les sauver.

Le chirurgien en chef constate l'absence de toute personne en état de m'aider, le manque complet de médicaments et il termine par me dire avec l'accent des la douleur : " Je vous laisse libre de faire ce que vous voudrez. " Sur quoi, il part.

N'étant plus, dès lors engagé par aucun ordre de service, je me dispose à le suivre. Néanmoins, je veux auparavant exposer à des officiers blessés la situation telle qu'elle est, et que, si je pars, c'est uniquement parce que je ne vois aucun moyen de les secourir.

Entré dans la cour de la ferme, le spectacle de ces malheureux qui gisent, couverts de sang, dans la poussière, leurs cris de souffrance et de désespoir m'ôtent tout à coup la force de déclarer ma résolution. Une rougeur me monte au front, j'oublie la France que la division va revoir alors [l'auteur le croyait alors], tandis que je serai prisonnier et que mon avancement sera perdu. Je me dis : l'honneur est de rester ici.

J'avais à soigner cinq cents blessés. Dénué de tous médicaments, j'arrosai toutes les plaies, celles d'armes à feu comme les autres, avec de l'eau pure. Je continuai mes pansements de cette façon pendant vingt et un jours que nous restâmes, depuis le 19 juin au 10 juillet, sous un ciel brûlant, ayant la terre pour lit et pour tout ombrage, les faibles rameaux de quelques oliviers.
Comme il m'aurait été impossible de panser seul cinq cents blessés dans la journée, j'en avais fait trois sections ; j'en pansais une chaque jour ; les malades des deux autres se pansaient eux-mêmes. Nous avions quelque peu de linge et, pour unique aliment du riz. Un soldat, du nom de Joseph, avait conservé un peu l'usage de ses jambes : je l'élevai aux fonctions d'aide.

La situation était terrible. Chaque nuit, nous entendions les paysans armés rôder autour de nous, alléchés qu'ils étaient par l'espoir du butin, et chaque nuit, nous nous attendions à être assassinés. Le poste qui nous gardait se composait en tout de dix-huit hommes du régiment d'Afrique commandés par le lieutenant Vincente. Sa conduite fut au-dessus de tout éloge. Malheureusement, je n'en puis dire autant de celle d'un proto-médico (chef des trois services : médecine, chirurgie, pharmacie) et d'un prêtre de Baylen, qui eurent le triste courage de venir nous visiter, non pour nous secourir et nous exhorter, mais pour nous accabler d'injures et de malédictions.

Et pourtant, dans ces circonstances des plus défavorables que l'on puisse imaginer pour une cure, sept ou huit plaies seulement se gangrenèrent et je n'eus que deux tétanos. Je perdis en tout trente-deux hommes. "

Les marins, avec la Garde de Paris, faisaient partie de cette première division commandée par le Général Bardou d'Escourières et intégrée au 2ème Corps d'Observation de la Gironde dont le Général en chef était le Général Dupont de l'Etang. Les marins, sous les ordres du capitaine de vaisseau Daugier, totalisaient 4 équipages (ou compagnies). Cette terrible bataille livrée dans la chaleur accablante de l'Andalousie vit les français lancer de vains assauts contre les lignes espagnoles. Vers 14 heures (les hostilités ont débuté au petit matin), tentant le tout pour tout, le général Dupont prit la tête des marins de la Garde et tenta un dernier assaut. A cheval, son état-major derrière lui, il emmèna ses hommes au combat. Il fut finalement repoussé. Une dernière fois, il relança l'attaque mais les trois lignes espagnoles offraient une résistance insurmontable. La capitulation était inévitable.

ET LES FIGURINES ? ...

Mon armée impériale comporte un bataillon de 4 équipages. J'ai choisi des figurines Old Glory 28mm pour leur dynamisme dans la position. J'avais envie d'avoir un bataillon représentant les marins lors de ces fameux assauts de Baïlen.

Ce bataillon comporte un porte fanion. Bucquoy, dans son volume consacré à la Garde impériale, s'interroge sur l'existence d'un drapeau des marins de la Garde. Son illustration s'appuie sur plusieurs sources : Le manuscrit du Bourgeois de Hambourg, un dessin de Hendschell et une illustration de Knotel (celui-ci s'étant inspiré du précedant). Pour ma part, j'ai scanné le fanion se trouvant dans "Soldats et Officiers de la Garde Impériale" de André Jouineau que j'ai ensuite retouché à la peinture (c'est une technique que je vous recommande pour les drapeau un peu complexe (ici la difficulté venait des abeilles).




Trêve de bavardage. Voici les figurines :

Merci pour votre passage et vos commentaires.

Philippe

 

 

 

par el_frances publié dans : Premier Empire communauté : Les jeux avec figurines
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Dimanche 18 mai 2008
    Entre l'herbe à tondre, une barrière à finir et un bac à sable à faire pour les enfants, le week-end est vite passé... Je n'ai pas eu le temps de peindre ni de bloguer... Un peu de patience... Passez regulièrement (ou inscrivez-vous à la newsletter) pour voir s'il n'y a pas un nouvel article.
A très bientôt.
Philippe

par el_frances
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Mardi 13 mai 2008
Puisqu'Alain a lancé le sujet de la guerre civile au cinéma, je m'y engouffre. Je vous conseille vivement de voir "Fiesta" de Pierre Boutron. Jean-Louis Trintignant y est excellent (cynique à souhait ! ). Plutôt qu'un long discours, je préfère vous mettre en lien la fiche descriptive de la chaîne Arte et la bande annonce.

par el_frances publié dans : Guerre d'Espagne 1936-1939
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Mardi 13 mai 2008
Alain nous signalait dans un de ses derniers commentaires le rediffusion de "Pour qui sonne le glas". Je ne résiste pas au plaisir de vous mettre une vidéo (un peu particulière...) qui vous permettra d'en découvrir quelques scènes. Je ne vous en dit pas plus. Place aux images !


BON FILM !



par el_frances publié dans : Guerre d'Espagne 1936-1939
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Lundi 12 mai 2008
    Au départ, il ne me semblait pas utile de mettre sur mon blog un historique de ce conflit. Mon objectif premier était surtout de parler figurines et maquettes mais mes derniers articles ont amené quelques questions de notre ami (par blog interposé...) Patrice auxquelles je vais tenter aujourd'hui d'apporter des réponses aussi claires que possible.
    Avant de commencer, je tiens à mettre en garde celui qui voudrait se documenter sur la guerre civile espagnole par le biais d'internet : les sites consacrés à ce sujet sont nombreux mais beaucoup présentent des points de vue très partisans. Cela va des "nostalgiques" du franquisme aux anciens combattants républicains (qui racontent souvent "leur" guerre et exposent "leur" vision) en passant par des anarchistes (nostalgiques eux aussi...) qui -bien que n'ayant pas vécu le conflit - font plus oeuvre de propagande que d'histoire.
    Ayant fait des études d'histoire, j'ai donc décidé de baser cet article sur des ouvrages d'historiens et de croiser les sources. Cela me permettra ainsi d'avoir une vision la plus objective possible (les historiens n'en sont pas moins des hommes et il leur arrive parfois de se laisser emporter par leurs passions... mais cela reste rare).
    Je commencerai donc cet article en vous présentant quelques livres que je vous invite à consulter si vous désirez approfondir le sujet. Mon but n'est pas de dresser une bibliographie exhaustive mais de vous fournir, éventuellement, quelques pistes de lecture.
    Ayant fait mes études à Toulouse, Bartolomé Bennassar est un historien que je lis toujours avec grand plaisir. Spécialiste, au départ, de l'Espagne des XVIème-XVIIIème siècles, ses derniers travaux l'ont amené, avec bonheur,  à s'intéresser à Franco et à la guerre civile. L'histoire des Espagnols qu'il a dirigé figure encore en bonne place dans les bibliographies données aux étudiants. Ouvrage abordant toutes les grandes périodes de ce pays, il consacre un chapitre à la guerre civile. Plus spécifique, la guerre d'Espagne et ses lendemains évoque tous les aspects du conflit (politiques, militaires, humains) et ses conséquences. D'autres auteurs se sont penchés sur la question. Je n'en citerai que trois : Guy Hermet, un autre français, auteur de "La guerre d'Espagne", Hugh Thomas, un historien anglais ayant écrit un ouvrage du même titre que celui cité précédemment et enfin Gabriele Razato, universitaire italien, qui n'a pas cherché l'originalité en intitulant son petit livre "la guerre d'Espagne"...  Tous ces ouvrages se trouvent facilement sur internet.
J'ai utilisé un dernier livre de la collection "Chroniques de l'Histoire, 20ème" : Francisco Franco qui propose de suivre Franco "au jour le jour" et offre ainsi une chronologie assez complète de cette guerre.

    Commençons donc...
    L'Espagne voit la naissance de la République en 1931 après un début de siècle marqué par une monarchie agonisante s'en remettant à la force des militaires. C'est déjà un événement mais l'élément clé va être la victoire aux élections de 1936 du Frente Popular (Front populaire) constitué par les forces de gauches.

    De nombreux officiers ne cachent pas leur hostilité à cette nouvelle république. Aussi le gouvernement juge-t-il plus prudent d'en éloigner certains de Madrid dont le Général Mola qui sera l'âme du complot à venir mais aussi un certain Francisco Franco Bahamonte qui sera envoyé aux Canaries. Le signal du golpe (du coup d'état) sera donné par la garnison militaire du Maroc le 17 juillet 1936. Pour les "rebelles", ce coup d'état entame une lutte à mort contre les "Rouges".  En métropole, le soulèvement est un échec : les principales villes du pays, les régions industrialisées (Catalogne, Pays Basque, Malaga) demeurent aux mains de la République. Comment les nacionales ont ils fait pour prendre le dessus ?  Il faut d'abord savoir que parmi les militaires beaucoup d'officiers expérimentés sont passés dans le camps des mutins. Les zones rurales sont hostiles à la République et à ses politiques athés et anti-cléricaux. En Navarre, les carlistes, catholiques traditionalistes, se rallient aux mutins ; ils constituent une troupe de 30 000 hommes expérimentés. Dans tous le pays, les Falangistas (mouvement d'extrême droite) s'engagent dans la lutte contre la République.

    Mais ce qui va faire basculer le conflit c'est l'arrivée en métropole des troupes stationnées au Maroc. Ce transfert n'a pu se faire par mer car la marine est restée fidèle à la République. Le transport de troupe se fera donc par les airs à bord d'avions fournis par l'Allemagne nazie et l'Italie mussolienne. Hitler avait en effet accueilli le 25 juillet 1936 une délégation "nationaliste" et avait décidé alors de soutenir leur action. Mussolini n'avait pas voulu être en reste. On voit comment le conflit a commencé à dépasser les frontières espagnoles. L'Armée d'Afrique composée de  troupes de la légion (le Tercio) et de troupes  "indigènes" (les regulares) constituait, à l'époque, le fer de lance de l'armée espagnole.  Elle est placée sous le commandement du général Franco.


   




La République
dispose de troupes régulières restées fidèles mais aussi de milices communistes, anarchistes, trotskystes... qui se montreront parfois difficiles à encadrer. Certaines milices votent avant de monter au front...

    






   


    Les pays d'Europe décident d'adopter une politique commune de neutralité afin de ménager la fragile paix sur le continent. Seule l'URSS envoie du matériel à la République espagnole (en échange de son or...).

   
Cette guerre fascine la jeunesse d'Europe et surtout ceux de sensibilité de "gauche". Beaucoup d'entre eux décident de passer clandestinement en Espagne pour aller défendre la République menacée. Le mouvement se structure ; c'est ainsi que naissent les Brigades internationales. On trouve  dans leur rang des Français, des Anglais, des Polonais, des Russes,  des Tchèques, des Roumains mais aussi des Américains.                                                                                                                                        

    Ainsi cette guerre devient-elle une répétition générale... L'Allemagne envoie la tristement célèbre "Légion Condor" et l'Italie fournit aux nacionales un contingent. Des panzers I  affronteront les chars soviétiques T26.  L'Espagne se transforme en laboratoire. 
Le bombardement de Guernica vu par Pablo Picasso
(A un officier Allemand qui demandait à Picasso "C'est vous qui avez fait ça ? ", celui -ci lui répondit : "Non, c'est vous. ...")

    Ce conflit durera trois longues années faites d'atrocités commises par les deux camps et il débouchera sur la prise de pouvoir par le Généralissime Franco "el Caudillo" pour trente ans.



Au départ, rien ne destinait Franco a prendre la tête du Mouvement. Mais la baraka en a décidé autrement : au départ, le général Sanjurjo, surnommé le "Lion du Rif", devait être le chef du soulèvement mais il mourut dans un accident d'avion en quittant le Portugal pour se rendre à Burgos et prendre la tête de la rébellion.  Seul Mola pouvait empêcher Franco d'être le successeur de Sanjurjo mais le 1er octobre 1936, la junte militaire lui accorde tous les pouvoirs.






J'espère que ce bref résumé permettra à ceux qui le souhaitent de mieux comprendre cette guerre. Je n'ai pas placé de chronologie afin d'éviter de surcharger cet article.

Philippe

par el_frances publié dans : Guerre d'Espagne 1936-1939
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Mercredi 7 mai 2008
    1936. Cela peut sembler bien lointain aux plus jeunes d'entre nous. Alors que ceux qui ont vécu cette année sont maintenant âgées (un jeune homme de 20ans en 1936 a aujourd'hui plus 90 ans...) ou disparus, ce conflit (déjà fort mal connu dans notre pays) risque de sombrer dans les oubliettes de l'histoire (au nom de la réconciliation nationale).
    Il y a quelques temps, une série d'émissions consacrées à la seconde guerre mondiale et intitulé "Ils ont filmé la guerre en couleurs" avait été diffusée sur le service public. Certaines images, à cause de la couleur (ou grâce...) nous devenaient alors plus proches ou plus difficiles à supporter. En surfant sur le net, je suis tombé sur des vidéos consacrées à la guerre civile et filmées en couleurs (ou colorisées). Il m'a semblait intéressant de vous en faire profiter. Je sais que je sors un peu du domaine de la figurine mais il est bon de ne pas oublier que derrière nos figurines et nos batailles se cachent des personnes et des événements réels (du moins pour ceux qui n'ont pas succombé aux sirènes de Warhamers et autres séries fantastiques... Je n'en dis pas plus car je ne veux fâcher personne...).



    Une seconde vidéo consacrée à la bataille de Teruel. Les images ci-dessous ont été prises après la reprise de Teruel par les  troupes nationalistes? Comme dis-le commentateur : "Teruel a changé de mains plusieurs fois mais maintenant la ville est en sécurité derrière les lignes franquistes..." .
    En octobre 1937, les Républicains veulent renforcer les liaisons entre les trois grandes cités qu'ils contrôlent encore: Barcelone, Madrid et Valence.

   C
'est ainsi qu'en décembre, ils lancent une offensive sur le «saillant de Teruel», une région de montagnes abruptes et de températures glaciales située à mi-distance de Madrid et Valence. Sur ce terrain de montagne, les combattants supportent une température aux alentours de - 20°C. Beaucoup meurent gelés. Ils prennent ainsi Franco de court puisque celui-ci avait prévu de lancer une nouvelle offensive vers Guadalajara.
  Cent mille hommes, tous Espagnols (les Brigades internationales sont restées au repos), se sont lancés à l'assaut de la cité. Teruel est vite encerclée par les forces de Lister. La garnison nationaliste résiste et la contre-offensive est lancée par Franco le 29 décembre.
La garnison du colonel Rey d'Harcourt se rend après deux semaines de violents combats de rue (le 8 janvier 1938). Ce succès est de courte durée puisque rapidement les vainqueurs deviennent les assiégés. Malgré l'arrivée des Brigades internationales le 19 janviers qui vont permettre de faire face aux offensives des 7 et 17 février, Teruel est reprise par les troupes du général Franco le 22 février 1938.
    Cette bataille est qualifiée par les historiens de Verdun ou Stalingrad espagnol...




   Enrique Lister, après une jeunesse passée à Cuba, rentre en Espagne et adhère au Parti Communiste Espagnol (PCE) en 1925. Cela l'amène à passer plusieurs années en URSS où il va bénéficier d'une formation politique et militaire.

    En 1936, il revient en Espagne et est chargé des dossiers politiques relatifs aux questions militaires que le PCE doit régler face au danger croissant d'un coup d'Etat. Après la victoire du Front Populaire aux élections de février 1936, les plans de l'Unité Militaire Espagnole (UME) s'accélèrent. L'UME se compose d'officiers de la droite ultra, d'offciers catholiques réactionnaires ou d'officiers ouvertement phalangistes. Face à cette organisation, le réseau des contacts établis par Lister dans les casernes l'a aidé à comprendre l'ampleur du danger et à faciliter l'étouffement des velléités putchistes dans de nombreuses unités de l'armée.

    Enrique Lister s'engage très vite dans la lutte contre le coup d'Etat militaire. Son aptitude à diriger et son courage en font rapidement l'un des dirigeants de premier plan des milices qui viennent de se former. Il fonde le Quinto Regimiento (Cinquième régiment) ; un centre de recrutement et de formation qui forge les premières unités de miliciens de façon structurée et efficace.  Après la militarisation des unités de volontaires et la création de l'Armée Populaire de la République Espagnole (Ejercito Popular de la Republica Espanola > EPR), Lister prend le commandement de la 1ère brigade mixte, atteignant au cours de la guerre le grade de Major des milices. Dans l'armée républicaine, cependant, le commandement des grandes unités n'est pas limité au grade, de sorte qu'un major peut être placé à la tête d'une division voire, en cas de besoin, d'un corps d'armée. C'est ce qui arrive à Lister qui se retrouve à la tête de la 11ème division puis devient chef de corps d'armée. Lister manisfeste une efficacité et une énergie extraordinaires. Dans les derniers jours de la guerre civile, il est promu lieutenant-colonel par décret.

Après la défaite du camp républicain, il retourne en URSS. Il rejoindra ensuite la France à la fin de la Seconde Guerre mondiale où il tentera d'organiser la lutte contre Franco. Il demeure membre du PCE jusqu'à sa mort même si sa relation avec certains cadres est "orageuse".

    Je vous propose d'écouter, pour terminer l'hymne du Quinto Regimiento.

 

Voici les paroles ainsi qu'une proposition de traduction.

Con el quinto, quinto, quinto                                         Avec le 5ème, 5ème, 5ème
con el quinto regimiento.                                               avec le 5ème régiment.
Madre, yo me voy p' al frente                                        Mère, je monte au front
para las líneas de fuego.                                                en première ligne.
Madre, yo me voy  p'al frente                                       
Mère, je monte au front
para las líneas de fuego.                                               
en première ligne.
Anda jaleo, jaleo                                                            Allons !
suena una ametralladora                                              une mitrailleuse crépite
y ya empieza el tiroteo                                                  et voilà la fusillade qui commence
y ya empieza el tiroteo.
                                                 et voilà la fusillade qui commence.
Anda jaleo, jaleo                                                           Allons !
suena una ametralladora                                             une mitrailleuse crépite
y ya empieza el tiroteo                                                  
et voilà la fusillade qui commence
y ya empieza el tiroteo.                                                  et voilà la fusillade qui commence.

Merci pour votre visite et vos commentaires.  A très bientôt.
Philippe
par el_frances publié dans : Guerre d'Espagne 1936-1939
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Samedi 3 mai 2008
    Comme promis, voici la suite de l'article d'hier. Nous en étions restés à la révolte qui secoue Madrid (et surtout les Français) le 2 mai 1808. Murat, avec son énergie légendaire, ne s'en laisse pas compter et organise une sévère répression le lendemain. Au programme : remise en ordre et exécution. Murat choisit la bonne méthode pour se rendre populaire auprès des Espagnols...
    Goya va trouver matière à réaliser un second tableau : el tres de mayo où il va rendre le caractère tragique des événements. Les deux camps sont mis en situation : les Espagnols où on dénombre trois groupes : ceux qui ont déjà été fusillés (baignant dans une marre de sang), ceux qui sont sur le point de l'être et ceux qui attendent leur tour. Plusieurs attitudes sont à noter : le désespoir, la résignation, la bravoure (le personnage central qui écarte les bras pour offrir son torse aux balles de l'occupant). Côté
français, on ne voit que des soldats de dos qui exécutent les ordres qui leur ont été donnés. Ce sont des anonymes ; il n'est pas nécessaire de voir leur visage. Une lanterne situé entre les deux "camps" éclaire les visages et projette les ombres.
Je ne m'étendrais pas davantage sur cette oeuvre ; elle a été l'objet de nombreux commentaires rédigés par des gens bien plus compétents que moi...
Une
animation (sélectionnez "la guerre d'Espagne" puis "1808" et enfin cliquez sur le tableau)  autour de ce tableau pourra compléter les informations données ci-dessus.

    Comme hier, je vous propose de visionner une vidéo sur le sujet.

    Mon ami Alain a réalisé une histoire de l'Espagne en figurines. Pour cela, il a choisi les événements les plus importants (choix ô combien difficile...) et les a illustrés à l'aide de dioramas plus ou moins grands. Le 3 mai 1808 a retenu son attention et ses pinceaux. Je l'entends d'ici dire "oui, mais moi, je barbouille." ou bien "C'est mon style, ça fait un peu jouet". Pourtant, je suis sûr que vous apprécierez ce bien beau diorama. Je tiens à préciser qu'il n'y a aucun effet de lumière : les ombres sur le sol ont été peintes ! Je vous laisse admirer le travail. N'hésitez pas à laisser un commentaire. Je transmettrai.

C'est sur cette belle photo que je vous quitte. A bientôt !
Philippe

par el_frances publié dans : Premier Empire
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Vendredi 2 mai 2008
    Mon intérêt pour la campagne d'Espagne m'oblige à consacrer aujourd'hui un article à la fameuse journée du 2 mai 1808.Ce jour-là , les Madrilènes se soulèvent contre l'occupant français.



Deux semaines plus tôt, un coup d'État avait chassé le Premier ministre Godoy, amant de la reine d'Espagne. Cet intrigant avait entraîné son pays dans une alliance avec la France révolutionnaire, contre l'Angleterre. Il s'en était suivi la ruine du pays, la perte de la flotte et des colonies d'Amérique, enfin l'occupation par l'armée de Napoléon 1er.




Sitôt Godoy évincé, le roi Charles IV de Bourbon abdique en faveur de son fils
Ferdinand. C'est compter sans Napoléon 1er, qui a l'idée d'offrir le trône d'Espagne à son frère Joseph.


   une bien belle famille...

    Le maréchal Murat, qui représente à Madrid l'empereur des Français, convoque l'ancien et le nouveau roi à Bayonne pour leur signifier leur déchéance. Toute la famille royale doit être emmenée en France en exil. 

    La foule madrilène, alertée, s'en prend aux troupes de Murat. Ce dernier réagit avec une extrême brutalité.

    Cet événement est resté dans nos mémoires grâce au célèbre tableau de Francisco de Goya.

      Vous allez pouvoir visionner une vidéo explicative sur cette oeuvre. Certains regretteront qu'elle soit en espagnol mais je leur conseille d'y jeter un oeil malgré tout car les images permettent de repérer certains détails du tableau.
    Pour information, ce tableau vient d'être restauré et un personnage situé sur la gauche du tableau a été "ajouté" (en réalité, il figurait initialement sur le tableau mais avait disparu suite à une dégradation). Il fait un grand retour au
musée du Prado.


Pas besoin de parler la langue de Cervantes pour profiter de cette vidéo...

 


Demain, je vous parlerai du "Tres de mayo"...


 



 

par el_frances publié dans : Premier Empire
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Jeudi 1 mai 2008
    Bonjour à tous (et à toutes) et bon 1er mai !

    Finies les vacances ! Mais un week-end prolongé va me permettre de mettre en ligne quelques petites choses...
    Tout le monde connaît Tradition magazine, Vae Victis... Beaucoup connaissent Wargames Illustrated. Mais, je pense que ceux qui sont lecteurs de "Wargames, soldados y estrategia" (en dehors de l'Espagne bien sûr) sont moins nombreux. J'ai découvert cette revue, il y a deux ans et je m'y suis de suite abonné. Elle m'a immédiatement fait penser à "Wargames illustrated" à l'époque où les articles consacrés à des thèmes historiques étaient plus nombreux qu'aujourd'hui.


    C'est une revue richement illustrée et publiée sur papier glacé. La structure est toujours la même :
- une page sur
les événements autour de la figurine et de la reconstitution historique ;
- la rubrique sur
les nouveautés ;
-
un reportage sur une manifestation (Salute par exemple) ;
-
des scénarii pour différentes époques ;
-
un dossier consacré à un thème : la campagne de Sarratoga 1777, la bataille de Vitoria, la campagne de Finlande (Seconde Guerre mondiale), etc... ;
- un article sur l
a transformation de figurines (que j'apprécie particulièrement) ;
- un article sur les techniques de peinture ;
- la rubrique d'Adolfo Ramos qui vous apprendra à
construire des décors magnifiques (un camp romain, une redoute guerre de sécession, des bunkers, la Haie-Sainte...) ;
- les
nouveautés en librairie ;
- les
nouveautés en jeux de plateau ;
- les
nouveautés en jeux sur PC.
    Cette revue est initialement proposée en espagnol (6 uméros par an) mais l'éditeur a eu la bonne idée de proposer une version anglaise (12 numéros par an). Le bémol que je mettrais est la lenteur d'expédition : pour une raison que je ne parviens pas à m'expliquer, la revue me parviens souvent un mois après sa parution... De plus, je reçois parfois la version anglaise au lieu de la version espagnole (je manie mieux la langue de Lope de Vega que celle de Shakespeare...). Un simple e-mail au service abonnement me permet d'obtenir la bonne version.
    Afin de ne pas lister tous les thèmes abordés - ce qui serait aussi fastidieux qu'inutile - je vous mets le lien qui vous permettra de consulter les sommaires des anciens numéros et éventuellement de vous abonner :
revistas profesionales.

    Pour terminer, je vous signalerai
un numéro spécial consacré à la guerre civile espagnole qui n'est, pour l'instant, disponible qu'en espagnol.
Bonne lecture et à bientôt.
Philippe

par el_frances publié dans : Bibliothèque communauté : Les jeux avec figurines
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