Dimanche 13 avril 2008
    Le maintien de l'ordre et la lutte contre les guerillas ont constitué une préoccupation majeure pour les généraux français en Espagne. Il s'agissait d'assurer l'approvisionnement des troupes, leur encadrement ainsi que celui des prisonniers.
    En janvier 1810, vingt escadrons de gendarmerie sont créés pour l'Espagne. Chaque escadron comprend 7 officiers, 80 cavaliers et 120 gendarmes à pied. En juin 1810, la légion compte 1400 hommes en Catalogne. En novembre de la même année, des cavaliers sont prélevés sur tous les escadrons pour former la "Légion de Burgos". Fin 1810, des gendarmes chevau-légers armés de lance sont entraînés.
    En 1812, on compte 6 légions : Légion à cheval de Burgos, Saragosse, Pampelune, Vitoria, Burgos et Catalogne.
    Parmi les nombeux faits d'arme de ces troupes en Espagne citons la bataille de Villodrigo dont vous trouverez un compte-rendu en cliquant
ici

Comment donc faire une armée campagne d'Espagne sans y intégrer des gendarmes ? Le problème qui s'est posé à moi est qu'il n'existe pas (à ma connaissance) de figurines de gendarme en 28mm. Heureusement que j'ai pu compter sur l'aide d'un ami (Michel pour ne pas le nommer) qui lui aussi souhaitait peindre des gendarmes pour une armée campagne de France.  Etant tous les deux des "pro-wargames foundry", nous avons cherché parmi ces figurines une référence pour nous servir de base.

















Pour le gendarme à cheval, nous avons retenu le dragon compagnie d'élite en bonnet d'ourson. (FN247X). La majeure partie du travail consista à transformer le bonnet en chapeau de gendarme. Au départ, nous avons fait sauter le bonnet et nous l'avons remplacé par un bicorne (qui trainait dans nos caisses...). Le résultat n'était pas satisfaisant car nous avons constaté que le chapeau de gendarme avait une forme bien particulière. Il a donc fallu jouer du fer à souder. La deuxième transformation délicate fut la supression des épaulettes et leur remplacement par des aiguillettes réalisées en milliput. Michel a joué du cutter avec dextérité (il a aussi utilisé un appareil à ultrason - récupéré chez son dentiste - qui lui permet de faire des gravures très précises). Le master terminé, nous avons réalisé un moule en résine (délicat !!!!). Pour le cheval, il nous a suffit d'utiliser des chevaux de dragons (avec peau de mouton)



















L'officier
fut réalisé de la même façon mais en plus, nous décidâmes de lui supprimer la moustache, de lui orienter la tête sur le côté et de lui abaisser le bras. On supprima bien entendu le mousqueton.

En ce qui concerne les gendarmes à pied, nous avons utilisé un fusilier espagnol de chez Front Rank (même si je ne suis pas fana de cette marque). Nous avons un peu limé le socle pour rendre la figurine davantage compatible avec les wargames foundry. Il nous a fallu modifier le plastron (passer du droit au V) ainsi que le chapeau. Les pattes d'épaule ont été remplacées par de vraies épaulettes et là aussi nous avons dû retravailler le chapeau. Enfin, nous avons dû ajouter un sabre-briquet. Le reste fut affaire de peinture... Pour ce qui est des sources, nous avons utilisé une carte du musée de l'Empéri (reproduite au début de cet article) et les planches de Soldats et uniformes du Premier Empire de F-G Hourtoulle.
Photo de groupe...

De la figurine d'origine au gendarme à pied...

Il me reste encore quelques cavaliers et piétons à peindre mais je dois aussi trouver comment faire les lanciers-gendarmes. J'attends vos suggestions (je pense travailler à partir d'un porte-étendard de chasseurs à cheval... A suivre).

















   
    Vous aurez sans doute remarqué sur les premières photos la maison placée en arrière plan. Elle le résultat d'une idée folle qui m'a traversé la tête de réaliser un village espagnol modulable. Je me suis inspiré de photos trouvées dans un numéro de Wargames Illustrated. Il m'a fallu simplement calculer les dimensions des bâtiments. Au départ, je pensais utiliser simplement du carton mais, pour pouvoir réaliser le balcon et donner plus de rigidité à la maison j'ai dû renforcer à l'aide de contreplaqué. Cette maison à étage comporte donc un plancher (qui n'est pas accessible).
    Avant de coller le carton sur le contreplaqué, j'ai découpé les ouvertures (portes, fenêtres). Les portes, le balcon ont été réalisé en balsa. Les tours de porte et de fenêtre ont été faits à l'aide de petites briquettes que j'avais récupérées dans un kit d'église romane qui été vendu en kiosque il y a une dizaine d'année (il ne faut rien jeter...). Je pense qu'on peut en trouver aujourd'hui dans les magasins de modélisme ou de jouets. Toute la façade a été recouverte d'enduit de rebouchage. Pour donner un aspect irregulier à la façade, j'ai attendu que l'enduit commence à sécher puis je l'ai "griffé" à l'aide d'une allumette (non je ne suis pas pyromane ! ). La toiture est en carton que j'ai passé dans une "machine à onduler le carton" emprunté à ma charmante épouse (si j'en avais eu, j'aurais utilisé directement du carton ondulé...) Les géraniums, plante caractéristique des balcons espagnols, sont tout simplement des bouts de flocage sur lesquels j'ai ajouté quelques points de peinture rouge.
    Les photos ci-dessous viennent compléter mon propos. Je me permets de vous signaler le tireur embusqué à la fenêtre de l'étage (j'aime bien ce genre de petit détail). C'est comme lorsqu'on fait une partie, nous mettons quelques morts sur la table ; "ça fait plus vivant" comme dit quelqu'un qui se reconnaîtra. 


Merci pour votre visite et à très bientôt.
Philippe

par el_frances publié dans : Premier Empire
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