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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 13:50
UNIFORMOLOGIE
 En 1803, le "Bataillon des Matelots de la Garde Consulaire" est créé. Un an plus tard, il devient le "Bataillon des Marins de la Garde Impériale".
 
En petite tenue, le marin porte un pantalon et une vareuse à 2 rangs de boutons bleus. Notez que le pantalon se porte par-dessus les guêtres. Chaque marin est armé du fusil avec baïonnette et d'un sabre dont le ceinturon se porte en baudrier. Une plaque  frappée d'une ancre de marine est fixée sur le baudrier.
Le shako est celui de l'infanterie avec une cocarde tricolore fixée au centre (alors qu'au départ elle était fixée sur le côté) et surmontée d'un pompon orange. Il est aussi orné d'un cordon de la même couleur.  La giberne porte une aigle impériale.








En grande tenue, le shako est surmonté d'un plumet rouge. La vareuse devient un dolman orné de brandebourgs oranges. Le col et la partie inférieure du dolman sont passepoilés d'orange. Les parements des manches sont rouges passepoilés d'orange. Le pantalon est agrémenté de noeuds hongrois. L'illustration ci-contre est un mélange de la petite et de la grande tenues...









Les officiers portent le bicorne en colonne. Le trompette se distingue de la troupe par la couleur bleu ciel de son uniforme.

photo prise sur le site du "Cimier"

LES MARINS EN ESPAGNE

Le passage de marins de la Garde en Espagne sera à jamais associé à la bataille de Baïlen. Le mois de juin 1808 va voir le déroulement d'une bataille qui montrera à l'Europe entière que les troupes impériales ne sont pas invincibles. Cela encouragera le peuple espagnol à se lancer dans une guerre sans relache contre l'envahisseur français. Plutôt que de me lancer dans un résumé de cette bataille, je préfère laisser la parole à un témoin de cet événement :  le Docteur Treille, qui était attaché à l'ambulance de la 1ère division.

Général Pierre Dupont de L'Etang, 1765 - 1840 "Le 17 juin 1808, la division Dupont, forte d'environ neuf mille hommes de toutes armes, partit d'Andujar. Le 18, vers trois heures du matin, la tête de la colonne, arrivée à peu près à une lieue de Baylen, rencontra l'ennemi. Il nous fallut manœuvrer et combattre dans un cercle d'une lieue et demie de diamètre, les hauteurs étant partout couronnées de bataillons de volontaires espagnols qui, ce jour-là, montrèrent de la résolution ;

Notre petite armée avait plus de bagages qu'une armée de 150,000 hommes. De simples capitaines et des civils assimilés à ce grade avaient des carrosses à quatre mules. On comptait au moins cinquante chariots par bataillon ; c'étaient les dépouilles de la ville de Cordova. Nos mouvements en étaient gênés. Nous dûmes notre perte à la cupidité des chefs.

A onze heures du matin, on capitula : il fut réglé que la division entière serait dirigée sur Cadix et y serait embarquée pour rentrer en France.

L'ambulance française avait été établie à la ferme de Rombar : on peut dire que c'était sur le champ de bataille même, les lignes ennemies n'étant pas à une portée de canon. On arrêta qu'un chirurgien major, un aide major, dix sous-aides et un pharmacien resteraient pour soigner les blessés et que leurs noms seraient tirés au sort.

Cela se passait au quartier général. J'étais pour le moment occupée à l'ambulance. On tira pour moi. Ce fut un des douze billets noirs.

Six semaines auparavant, en pleine paix, Mançanarez et à la Caroline, le peuple s'était porté sur des hôpitaux pleins de blessés français et y avait lâchement tout égorgé : malades, chirurgiens et infirmiers. Ce souvenir était présent aux blessés et aux chirurgiens de Baylen.

Lorsque, instruit de la capitulation et de l'article qui nous concernait, j'arrivai au quartier général, je trouvai ceux de mes camarades, désignés par le sort, dans une triste disposition d'esprit et se lamentant : " On nous sacrifie, nous sommes perdus. "

Je pris congé de quelques amis ; je reçus mon ordre signé du chirurgien en chef et je repartis pour l'ambulance. J'avoue que j'avais le cœur oppressé, je me rendais à une mort presque certaine, et quelle mort ! Tout ceux des blessés qui purent se traîner, eurent hâte de quitter l'ambulance ; les autres furent établis dans la cour de la ferme. Un poste espagnol occupa le très petit bâtiment.

Assis en dehors, l'œil fixé sur le chemin, j'attendis les collègues qui devaient venir partager avec moi la périlleuse tâche. Personne ne se présenta. La division avait commencé à se mettre en route ; le chirurgien en chef passe à cheval ; je lui expose que je suis seul à mon poste et que, malgré mon bon vouloir, il me sera impossible, à moi seul, d'être utile à ce grand nombre de blessés. J'ai à peine du linge dans les caissons, les médicaments sont épuisés ; j'assisterai, sans les armes de ma profession, à l'agonie de ces malheureux. Moi, plein de vie, je suis lié à des demi-cadavres sans aucun moyen de les sauver.

Le chirurgien en chef constate l'absence de toute personne en état de m'aider, le manque complet de médicaments et il termine par me dire avec l'accent des la douleur : " Je vous laisse libre de faire ce que vous voudrez. " Sur quoi, il part.

N'étant plus, dès lors engagé par aucun ordre de service, je me dispose à le suivre. Néanmoins, je veux auparavant exposer à des officiers blessés la situation telle qu'elle est, et que, si je pars, c'est uniquement parce que je ne vois aucun moyen de les secourir.

Entré dans la cour de la ferme, le spectacle de ces malheureux qui gisent, couverts de sang, dans la poussière, leurs cris de souffrance et de désespoir m'ôtent tout à coup la force de déclarer ma résolution. Une rougeur me monte au front, j'oublie la France que la division va revoir alors [l'auteur le croyait alors], tandis que je serai prisonnier et que mon avancement sera perdu. Je me dis : l'honneur est de rester ici.

J'avais à soigner cinq cents blessés. Dénué de tous médicaments, j'arrosai toutes les plaies, celles d'armes à feu comme les autres, avec de l'eau pure. Je continuai mes pansements de cette façon pendant vingt et un jours que nous restâmes, depuis le 19 juin au 10 juillet, sous un ciel brûlant, ayant la terre pour lit et pour tout ombrage, les faibles rameaux de quelques oliviers.
Comme il m'aurait été impossible de panser seul cinq cents blessés dans la journée, j'en avais fait trois sections ; j'en pansais une chaque jour ; les malades des deux autres se pansaient eux-mêmes. Nous avions quelque peu de linge et, pour unique aliment du riz. Un soldat, du nom de Joseph, avait conservé un peu l'usage de ses jambes : je l'élevai aux fonctions d'aide.

La situation était terrible. Chaque nuit, nous entendions les paysans armés rôder autour de nous, alléchés qu'ils étaient par l'espoir du butin, et chaque nuit, nous nous attendions à être assassinés. Le poste qui nous gardait se composait en tout de dix-huit hommes du régiment d'Afrique commandés par le lieutenant Vincente. Sa conduite fut au-dessus de tout éloge. Malheureusement, je n'en puis dire autant de celle d'un proto-médico (chef des trois services : médecine, chirurgie, pharmacie) et d'un prêtre de Baylen, qui eurent le triste courage de venir nous visiter, non pour nous secourir et nous exhorter, mais pour nous accabler d'injures et de malédictions.

Et pourtant, dans ces circonstances des plus défavorables que l'on puisse imaginer pour une cure, sept ou huit plaies seulement se gangrenèrent et je n'eus que deux tétanos. Je perdis en tout trente-deux hommes. "

Les marins, avec la Garde de Paris, faisaient partie de cette première division commandée par le Général Bardou d'Escourières et intégrée au 2ème Corps d'Observation de la Gironde dont le Général en chef était le Général Dupont de l'Etang. Les marins, sous les ordres du capitaine de vaisseau Daugier, totalisaient 4 équipages (ou compagnies). Cette terrible bataille livrée dans la chaleur accablante de l'Andalousie vit les français lancer de vains assauts contre les lignes espagnoles. Vers 14 heures (les hostilités ont débuté au petit matin), tentant le tout pour tout, le général Dupont prit la tête des marins de la Garde et tenta un dernier assaut. A cheval, son état-major derrière lui, il emmèna ses hommes au combat. Il fut finalement repoussé. Une dernière fois, il relança l'attaque mais les trois lignes espagnoles offraient une résistance insurmontable. La capitulation était inévitable.

ET LES FIGURINES ? ...

Mon armée impériale comporte un bataillon de 4 équipages. J'ai choisi des figurines Old Glory 28mm pour leur dynamisme dans la position. J'avais envie d'avoir un bataillon représentant les marins lors de ces fameux assauts de Baïlen.

Ce bataillon comporte un porte fanion. Bucquoy, dans son volume consacré à la Garde impériale, s'interroge sur l'existence d'un drapeau des marins de la Garde. Son illustration s'appuie sur plusieurs sources : Le manuscrit du Bourgeois de Hambourg, un dessin de Hendschell et une illustration de Knotel (celui-ci s'étant inspiré du précedant). Pour ma part, j'ai scanné le fanion se trouvant dans "Soldats et Officiers de la Garde Impériale" de André Jouineau que j'ai ensuite retouché à la peinture (c'est une technique que je vous recommande pour les drapeau un peu complexe (ici la difficulté venait des abeilles).




Trêve de bavardage. Voici les figurines :

Merci pour votre passage et vos commentaires.

Philippe

 

 

 

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Published by el_frances - dans Premier Empire
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commentaires

Patrice 03/06/2008 09:14

Ami du jour, bonjour, très bon résumé sur les Marins de la Garde bravo, et j'aime particulièrement le récit du Dr Treille. Au passage Jolie Figurines comme d' habitude..
Pour l'étendard je crois qu'il y en avait un, sur "Charmy" une description en est faite...l'étendard la draperie de couleur violette.????
bonne journée à tous...

el_frances 03/06/2008 22:27



Il y a une polémique autour du drapeau des marins. Dans mon cas, je dirais plutôt qu'il s'agit d'un "fanion". Sur une planche de Rigo On voit un drapeau des marins avec un avers "classique"
(comme celui des autres régiments) et sur l'avers une aigle sur une ancre surmontée d'une couronne impériale. Il date l'attribution de cette aigle à l'automne 1805. Il s'appuie sur des documents
de la collection Raoul et Jean Brunon. En ce qui concerne les Charmy, je n'en ai hélas aucun. L'étendard violet est donné par Bucquoy est qualifié de "fanion de campagne". Si je découvre d'autres
infos je les ajouterai. Si un visiteur veut apporter des précisions qu'il n'hésite pas.



alain dit Lahire-Spartacus-Jeannette 02/06/2008 19:05

tres dynamiques, ces figurines de marins de la garde, on croirait les voir charger sous le soleil de baylen!!! L'idée de photocopier ou scanner les drapeaux pour repeindre par dessus est excellente, mais demande une sacrée maitrise....Encore bravo! Vive la Marine!!Connais-tu la chanson: Les marins sont en mer dès l'aurore, ils ont la mer de tous les cotés, tsoin, tsoin!!!!En mer dès le matin, en mer dans la journée, tsoin, tsoin!!!

el_frances 03/06/2008 22:18


J'attends que tu me la chantes !


alm 01/06/2008 18:13

Bonjour,
Cette fois, j'ai pris le temps de bien parcouru le site, il est très intéressant.
Bonne continuation.
Au fait, j'ai complété mon article sur la guerre de Crimée :
http://figs-jeux.over-blog.com/article-20024280.html
A bientôt.
Alain

el_frances 03/06/2008 22:18


Merci pour ton passage. J'ai été voir ton dernier article. Félicitations ! Au plaisir.
Philippe


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